18-20/07/19 - Taïwan - été 2019 - au premier jour


Toujours pas de notes
mais le souvenir d'un voyage très moyen
et d'une première nuit particulière
offerte en cadeau de rattrapage








Samedi 20 juillet, 9h30.

Je regarde le ciel gris depuis mon lit.


Là, vous vous dites peut-être que ce genre de phrases est plutôt ce que j’écris quand je suis à Taïwan.

Vous avez raison.
Nous avons bel et bien fait un bon dans le temps mais aussi dans l’espace puisque, comme je vous le disais dans l’article précédent, jeudi 18 juillet j'ai quitté l'Europe pour l'Asie le temps de quelques semaines estivales.

Alors oui, je sais qu’habituellement, je vous raconte mon voyage par le détail, mais là, vous allez y échapper.

Pourquoi ?
Et bien pour les mêmes raisons qui ont fait que je n’ai rien écrit sur mes premières journées de répétition avec Anaïs.
Alors que je passais d’aéroports en aéroports, je n’ai pas jugé bon de consigner en quelque endroit que ce soit ni la façon dont s’est passé mon voyage, ni ce que j’ai fait précisément le premier soir.

Je n’ai repris un carnet pour raconter des choses que le lundi, le 22.

Parce que le samedi soir avait été joli et que j’avais passé une première nuit et une première journée dans mon nouveau chez moi temporaire.
C'est ce que je vous raconterai dans les deux prochains articles.


Marseille, Taoyuan …
Un départ le jeudi matin,
un nouveau chez moi le samedi …
alors que les premières notes apparaissent le lundi …
Je sens que je suis en train de vous perdre.
Ok ! Il vous manque quelques éléments.
D'abord, il y a le décalage horaire qui fait que dans ce sens je perds six heures de ma vie,

et puis il y a aussi le fait qu'avant d’emménager dans le nouveau chez moi en question, j’ai fait un crochet par un autre endroit.
Et là, même les plus téméraires d’entre vous se disent que mon cerveau a décidément perdu tout sens de la chronologie,
ce qui est totalement faux parce qu’entre nous, ces derniers temps, je suis souvent plus à l’heure qu’avant.
Mais cette digression n’améliore en rien la clarté de mon récit,
donc je me calme et je reprends, proprement et dans l’ordre, le cours de cette histoire quelques jours plus tôt.
Disons le mercredi.
À partir de là, je devrais pouvoir tout remettre en place pour que tout le monde puisse comprendre.


Donc …
Mercredi 17 juillet, heure indéterminée.
Je viens de découvrir dans ma boîte mail une offre de surclassement d’Air France.
La compagnie française ne me propose pas de voyager en business class comme KLM l’a fait plusieurs fois, mais de migrer vers une sorte de zone intermédiaire nommée Premium Economy en me promettant d’y avoir plus d’espace et de meilleurs repas.
L’offre est alléchante mais pas vraiment gratuite.

Au vu de la sécheresse annoncée de mon compte en banque, je propose à Cheng Wei de participer à cette partie de mon billet.

Je sais qu’il a du mal à me trouver des cadeaux d’anniversaire, ça en était un tout trouvé.
Le jeune homme me répond qu’il a déjà prévu quelque chose pour mon cadeau (cela m’apprendra à être mauvaise langue) : il m’offre de payer la première nuit de mon séjour.
Joli cadeau, certes, mais pourquoi donc cette première nuit ?
En quoi est-elle différente de celles du reste du séjour ?

Et bien mon perfide camarade a trouvé cette jolie astuce pour me faire comprendre discrètement qu’en fait il n’a pas tout à fait noté les informations concernant mon voyage (et quand j’écris « pas tout à fait », c’est un doux euphémisme).
Il pensait que je n’arrivais que le samedi.
Se rendant compte de cette magistrale boulette, il a fallu qu’il me trouve en catastrophe une chambre pour le premier soir, le vendredi, en attendant que je puisse m’installer dans la location initialement trouvée.
Normalement, je l’aurais engueulé mais là … puisqu’il m’offrait la chambre …
Je ne pouvais que le remercier.
(il commence à un peu trop bien savoir comment me manœuvrer ... il va falloir que je méfie)

En considérant ce cadeau comme une économie faite sur mon budget logement, j’ai immédiatement investi l’argent « épargné » dans le fameux surclassement.
(je vous interdis d’émettre une quelconque remarque sur la gestion de mon argent)
S’en est donc suivi un voyage en Premium machin.


Je suis quasiment certain qu'au moment où j’ai pris cette photo, je me suis dit qu'elle était tout à fait inintéressante.
Je me suis bien trompé.
Non seulement, je m’en suis servi pour illustrer l’article précédent mais en plus, elle me permet de vous indiquer précisément que j’étais à l’aéroport de Marseille Provence, le jeudi 18 à 14h38.
Remercions cet instrument moderne qui ne quitte que très rarement, j’ai nommé ma tablette.
Elle pallie agréablement mon manque crucial d'utilisation de papier et de stylo en ces jours d'errements et de questionnements quant à mon avenir proche.

En ce qui concerne la grande traversée, l'histoire du surclassement Air France me permet de conclure que cet été-là, j’ai tenté la nouvelle ligne Paris Taipei.
À ce sujet, la première chose que ma mémoire me dit, c’est que je ne le referai plus jamais.

Air France et KLM ont certes fusionné depuis un certain nombre d’années, mais le service est bien différent d’une compagnie à l’autre.

La seule promesse que la Premium bidule ait tenue, c'est l'espace un tantinet accru pour mes jambes.
Je me souviens d’un plateau repas somme toute assez décevant par rapport à ce que l’on m’avait vendu,
et le steward m’a beaucoup trop souvent dit que, malheureusement ils étaient en rupture de stock, chaque fois que je demandais quelque chose que je voyais là devant moi dans l'alléchante carte des boissons et autres petits plaisirs disponibles pendant tout le vol.
Le Premium n’était décidément agréable que dans ce que j'avais lu dans ma boîte mail.
Ajoutez à tout ça, la réaction du monsieur hôtesse de l’air, qui était à deux doigts de s’offusquer de ma contrariété,
(parce que je dois bien l’avouer, au bout de la troisième « nous n’en avons plus pour le moment », j’ai arrêté d’être compréhensif) et vous comprendrez que j’ai décidé de rayer de mon cerveau la possibilité de faire à nouveau un Paris Taipei.
Dorénavant ce sera KLM via Amsterdam, on peut-être une autre compagnie, mais Air France (une fois encore) plus jamais.

Voilà les seuls éléments en ma possession en ce qui concerne mon changement de continent.

Peu de photos relatant ma descente dans le sud de l'île, si ce n’est une ou deux photos prises du métro qui, comme vous pouvez le constater, est dans un triste état.
Tant de saleté, c’est déprimant …



Nous sommes le vendredi 19 en début de soirée quand j’arrive à Kaohsiung. 
Comme d’habitude.
À l’arrivée à la gare de Tsoying, j’ai finalement découvert qui était la nouvelle compagne de Cheng Wei .
Celle que j’étais censé déjà connaître.
C’est Jin Li, notre bien utile traductrice des Chroniques.
Notre première rencontre date du Nouvel An chinois dix-huit mois plus tôt.
(si vous relisez l'article qui est dans le lien, vous verrez qu'à mon habitude ... j'avais oublié le prénom de la jeune femme quand je vous ai raconté cette première fois)
Je l'ai ensuite croisée bien souvent dans les semaines précédant la première de la version taïwanaise.
Vous vous souvenez peut-être de l'histoire de l'urgence, qui nous avait fait subodorer une anguille sous roche ?
Nous avions peut-être raison ...

Cette jeune femme, à l’élégance naturelle, est cultivée, a la tête sur les épaules, et un caractère bien trempé.
Cela ne va pas faire de mal au petit frère …
(et … non ! je n’ai pas pris de photos … là non plus … mais ne vous inquiétez pas, vous verrez Jin Li très bientôt … et très souvent …)

Alors cette première nuit ?
Et bien je l’ai passée dans un établissement étonnant, à mi chemin entre l’hôtel et l’auberge de jeunesse, dont le gérant est un … slovaque 
!
Je vous assure que je n’invente rien, je lui ai demandé d’où venait cet accent si particulier qu'il avait quand il parlait anglais.
Comme je suis allé dans ce qui s’appelait alors la Tchécoslovaquie, je lui ai raconté que j’avais fait un cours séjour dans son pays, à Bratislava.
Dommage que je n’écrivais pas à l’époque car j’ai quelques souvenirs étonnants de ce voyage.
Mon slovaque ne s’arrêtant qu’à deux mots, lait et fraise, je ne me suis pas lancé dans une conversation avec ce jeune immigré.
Mais cette rencontre avec ce jeune homme européen originaire de cette petite contrée méconnue d'Europe centrale, a été pour le moins insolite.

Et du côté de l’insolite, je n’étais pas au bout de mes surprises.

Ma chambre ?
Un grand espace étonnamment décoré, avec un lit immense,
Mais surtout, la salle de bains était … sur le balcon.

En fait … Non …

C’est le balcon qui avait été transformé en salle de bains.

Quelle drôle d’idée quand-même !
Pour me délasser de mon voyage, je suis donc arrivé à poil sur le balcon pour plonger la baignoire … avec quand-même un petit doute sur l’opacité des vitres.
(et dire que je n’ai pas jugé bon de prendre une photo … mais quel … idiot je suis parfois)


Le vendredi soir aurait dû être dévolu à notre retour chez Peter pour notre premier cocktail habituel au Goodness Bistro, mais cela n’a pas été possible à cause de la météo.
J’ai atterri sur l’île dans la queue d’un typhon qui allait vers le sud-ouest.
Si le nord du pays avait été épargné (d'où le grand soleil sur les photos à Taoyuan), Kaohsiung était sous des fins de pluie torrentielle, laissant un centre ville sur le point d’être sec alors que Fongshan plus à l’est était encore inondée.
Ce qui fait que Cheng Wei (qui habite Fongshan vous vous souvenez ?)  n’a pas pu me rejoindre en scooter.
Enfin, disons qu’il voulait le faire, mais que Jin Li et moi l’en avons dissuadé
(je sens que je vais bien l’aimer cette jeune femme).

C’est que nous avions déjà vécu cette situation l’été précédent (je l'ai raconté ici),
et je n’avais pas envie qu’il me raconte ces aquaplanings le lendemain alors qu'il roulait sur son petit deux roues les pieds dans l’eau.

Donc pas de célébration autour d’un verre le premier soir.
Aucun regrets, on se rattrapera plus tard.
De toute façon, j’étais passablement fatigué du voyage avec mon cerveau en cours de rénovation.

Je ne crois pas que j’aurais tenu longtemps après le premier cocktail.


Tout ça nous amène donc tout naturellement à samedi matin, où après une nuit de sommeil dont je n’ai aucun souvenir, j’ai regardé le ciel gris,
aux alentours de 9h30.

Voilà, cette fois-ci, vous avez tout dans l’ordre.


10h,
le petit frère de l’est m’envoie un message : « morning »
L’aventure commence.




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